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Le Kényan James Mwangi, directeur du groupe Equity Bank (d), en compagnie de Mo Ibrahim (g), lors d’une session du Forum U.S. - Africa Business à Washington en août 2014.

Le Kényan James Mwangi, directeur du groupe Equity Bank (d), en compagnie de Mo Ibrahim (g), lors d’une session du Forum U.S. - Africa Business à Washington en août 2014.

Dix ans après l’Afrique du Sud, c’est au tour du Kenya d’enregistrer une croissance record des millionnaires en dollars. Une tendance de fond qui va se maintenir au cours de la décennie à venir, selon la banque sud-africaine Standard Bank. Et ce, à un rythme deux fois plus rapide que la moyenne mondiale.

Au Kenya, le nombre de millionnaires devrait augmenter de 74 % d’ici 2024, contre une hausse de 31 % à l’échelle mondiale, selon Deon de Klerk, responsable de la branche « Gestion de fortune et investissement » de Standard Bank – la première banque d’Afrique du Sud et la plus importante du continent. Cette déclaration, faite le 17 juillet à l’agence Bloomberg, n’a pas manqué de faire se lever quelques sourcils.

Pourquoi le Kenya ? Réponse de Deon de Klerk : « Ce pays se trouve dans une excellente position : bien situé, avec une économie très diversifiée ». Au carrefour entre l’Afrique, les pays du Golfe et l’Asie, le Kenya dispose d’une façade maritime sur l’océan Indien. Son grand port, à Mombasa, permet de désenclaver le Rwanda, l’Ouganda et l’Ethiopie, et jusqu’à l’est du Congo. Locomotive à l’échelle de l’Afrique orientale, le Kenya pousse à l’intégration régionale, avec des infrastructures routières et ferroviaires vers les pays voisins.

La croissance, robuste, a frôlé les 7 % en 2012 et devrait atteindre 6,5 % en 2015, selon la Banque africaine de développement et l’OCDE. Elle est tirée par l’agriculture (29 % du PIB) et les services (60 %) – malgré les attentats terroristes qui ont freiné le tourisme.

Magnats africains

Les Kényans les plus riches ne sont pas tous issus de grandes familles de commerçants indiens – comme Bhimil Depar Shah, président du groupe industriel Bidco (fabricant d’huiles de table, entre autres), sont la fortune est estimée à 700 millions de dollars selon le magazine américain Forbes.


James Mwangi, banquier de 53 ans, issu d’une famille rurale très modeste, a été le premier africain désigné « Entrepreneur de l’année » en 2012 par le cabinet Ernst & Young. Quand il prend la tête d’Equity Bank Kenya, en 1993, cette société de microfinance se trouve au bord de la faillite. Il a pour mission de la liquider mais – il est alors âgé de 31 ans – il décide de faire tout le contraire. Il remotive son équipe et l’intéresse aux résultats de l’entreprise, et avant tout sur le service aux quelques 27 000 clients qui lui restent alors.

Aujourd’hui, Equity Bank est la première banque généraliste d’Afrique de l’Est, avec 8 millions de comptes au Kenya, au Rwanda, en Ouganda, en Tanzanie et au Sud-Soudan. Devenu millionnaire, lui aussi, James Mwangi a monté une fondation qui envoie les meilleurs étudiants du Kenya se former aux Etats-Unis…

Parmi ses « success stories », le Kenya compte aussi Chris Kribu, président de la société immobilière International House Ltd, qui détient 49 % des parts de Tiger Haco Industries, un fabricant de rasoirs et de produits pour la maison qui a fusionné en 2008 avec Tiger Brands, groupe industriel agroalimentaire sud-africain.

Même l’actuel président Uhuru Kenyatta se distingue dans les affaires, en tant que grand propriétaire foncier, actionnaire de Brookside Dairies, la plus grande compagnie laitière du pays, ainsi que de la Commercial Bank of Africa (CBA) et la chaîne de télévision K24.

Le Kenya, mais pas seulement

Au total, le Kenya compte 8 700 millionnaires sur un total de 161 000 en Afrique, dont 46 800 en Afrique du Sud, selon le cabinet britannique New World Wealth. Ils seraient 18 millions dans le monde à avoir plus de 1 million de dollars à investir en dehors de la valeur de leur résidence principale, selon la Standard Bank.

La multiplication rapide des millionnaires sur le continent dépasse le seul cadre du Kenya. Parce qu’elle part de très bas, l’Afrique enregistre la plus forte croissance au monde d’individus fortunés. Selon New World Wealth, le nombre de particuliers africains ayant au moins 1 million de dollars à investir a augmenté de 145 % entre 2000 et 2014, contre une moyenne de 73 % à l’échelle mondiale.

D’ores et déjà, 29 Africains figurent dans le classement Forbes 2015 des quelques 1 800 milliardaires en dollars existant sur la planète, dont 536 Américains, 213 Chinois, 103 Allemands, 90 Indiens et 88 Russes.

A noter : aucun Kényan ne figure dans ce club restreint, alors que nombre de Sud-Africains, de Nigérians et d’Egyptiens s’y trouve au contraire en force. Au premier rang, on trouve en effet l’industriel nigérian Aliko Dangote (15,7 milliards de dollars selon Forbes), suivi par trois Sud-Africains blancs – Johann Ruppert, patron du groupe de luxe Richemont (7,4 milliards), Christoffel Wiese, actionnaire des supermarchés Shoprite (7,2 milliards) et Nicky Oppenheimer, ancien PDG du groupe diamantaire De Beers (6,7 milliards), juste avant l’Egyptien Nassef Sawiris (5,9 milliards).

Toujours selon le bureau britannique New World Health, la part des Blancs parmi les millionnaires en Afrique du Sud tend à baisser (- 13 % entre 2007 et 2014), même si elle est toujours majoritaire, vingt-quatre ans après la fin officielle de l’apartheid. Sur un total de 46 800 millionnaires en dollars en Afrique du Sud en 2014, on trouve en effet 69 % de Blancs, 21 % d’Indiens et de métis et seulement 10 % d’Africains – un signe des inégalités héritées du passé. A l’échelle du continent, la plus forte croissance de millionnaires est attendue en Zambie et au Mozambique, des pays en plein essor comme le

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