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On l’appelle le “dieu de la guerre” ou l’“empereur” : Keith Alexander, le général quatre étoiles à la tête de la très puissante Agence de sécurité nationale (NSA) et du cybercommandement américains fait la couverture du magazine Wired.

Une du magazine Wired de juillet 2013. Une du magazine Wired de juillet 2013.
Voilà qui tombe à point nommé. Au beau milieu du scandale secouant la NSA, le magazine Wired fait les honneurs de sa couverture du mois de juillet au général Keith Alexander, qui n’est autre que le directeur de la très puissante Agence de sécurité nationale américaine. Titrée “Le dieu de la guerre”, la une du magazine – un brin inquiétante – clame : “Depuis des années, le général a mis sur pied une cyberarmée secrète. Aujourd’hui elle est prête à passer à l’attaque.”

Dans sa longue enquête consacrée à Keith Alexander, le magazine explique : “Jamais personne n’avait encore atteint un tel degré de pouvoir dans la sphère du renseignement américain, que ce soit par le nombre de personnes placées sous ses ordres, sa latitude décisionnelle […] ou encore la longueur de son règne.” Le général quatre étoiles Keith Alexander a en effet pris les rênes de la NSA en 2005 et est également depuis 2010 à la tête du cybercommandement américain. En tant que tel, il dispose “de sa propre armée composée de milliers d’espions et de quelque 14 000 cybersoldats”, souligne le magazine.

La description du siège de la NSA n’est pas moins inquiétante. A Fort Meade (Maryland) bat le cœur d’une véritable ville secrète, rapporte le journaliste James Bamford : “Des dizaines de milliers de personnes se déplacent quotidiennement dans quelque 50 bâtiments, la ville dispose, outre son propre bureau de poste, de sa caserne de pompiers et de sa propre police”. Une ville secrète tout droit sortie “d’un roman de Kafka, sise au milieu d’une forêt, protégée par des clôtures électrifiées, des gardes lourdement armés, des barrières antichar, des détecteurs de mouvement et un vaste réseau de caméras de surveillance”. Et, pour couronner le tout, “les murs des bâtiments sont renforcés avec du cuivre pour empêcher tout signal électromagnétique de sortir”.

Et ce n’est rien comparé aux pouvoirs dont dispose le général Alexander, surnommé en interne l’“empereur”, “parce que tout ce que Keith veut, il l’obtient”, comme l’explique – sous couvert d’anonymat – un ancien employé de la CIA.

Alexander et ses subordonnés ont non seulement pour mission de lutter contre les cybermenaces en “surveillant les données qui transitent dans le monde entier et en veillant à la protection des infrastructures et des données du gouvernement et des entreprises américaines”, mais ils ont également le pouvoir de s’en prendre aux ennemis des Etats-Unis. “A travers des frappes dites cyberkinétiques, ils ont désormais les moyens de détruire physiquement les défenses et les infrastructures d’un adversaire, voire de tuer.”

“Aujourd’hui âgé de 61 ans, Keith Alexander a fait part de son intention de se retirer en 2014”, rapporte le magazine Wired. Mais en quittant ses fonctions, il laissera derrière lui un vaste empire, ainsi qu’“une position d’autorité unique à l’heure ou la frontière entre cyberguerre et guerre conventionnelle devient de plus en plus floue”.
Tag(s) : #caraibe-usa-Canada-Amérique Latine

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