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Avigdor Lieberman, en août 2011, à Jérusalem.
Avigdor Lieberman, en août 2011, à Jérusalem.
REUTERS/Baz Ratner/Files

Le verdict était très attendu. En Israël, l’ex-ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman vient d'être acquitté des charges qui pesaient contre lui. Il était accusé de fraude et d'abus de confiance. Celui qui a démissionné il y a 11 mois de son poste pourrait reprendre ses fonctions très rapidement.

Avec notre correspondante à Jérusalem, Murielle Paradon

Avigdor Lieberman était tout sourire, en sortant du tribunal de Jérusalem, ce mercredi 6 novembre. Il a été blanchi des accusations de fraude et d'abus de confiance qui pesaient contre lui. Il était accusé d'avoir nommé un ambassadeur en échange d'informations policières confidentielles sur une enquête diligentée contre lui.

Des accusations qu'il a toujours niées. La Cour lui a donné raison. « Ce chapitre est derrière moi. Je me concentre à présent sur les défis qui m'attendent », a déclaré Avigdor Lieberman.

Netanyahu se félicite de l'acquittement

S'il n'y a pas d'appel, l’ex-ministre israélien des Affaires étrangères, qui a démissionné de ses fonctions il y a 11 mois, peut théoriquement reprendre ses fonctions dès aujourd’hui. Benyamin Netanyahu, le Premier ministre, s’est d’ailleurs empressé de le féliciter pour son acquittement et l’a invité à retourner rapidement au gouvernement.

C’était un accord passé entre les deux hommes : Benyamin Netanyahu a maintenu le poste de ministre des Affaires étrangères vacant pendant les onze mois qu’a duré le procès d’Avigdor Lieberman.

Leader d'extrême-droite

« C’est un ministre des Affaires étrangères qui a causé du tort au pays », a réagi la chef de file de l’opposition, Shelly Yachimovich. Avigdor Lieberman est en effet le leader du parti Israël Beytenou, situé à l’extrême droite de l’échiquier politique.

Surnommé le « doberman », il est connu pour ses diatribes violentes contre les Palestiniens. Son retour attendu au poste de ministre des Affaires étrangères risque donc de compliquer encore davantage un processus de paix déjà mal en point. Même si Avigdor Lieberman ne s’occupe pas directement des négociations - c’est la ministre de la Justice, Tzipi Livni, qui le fait - sa présence au gouvernement et son hostilité à l’égard des Palestiniens peuvent créer une atmosphère très délétère.


■ ANALYSE : Avigdor Lieberman incarne le « glissement vers l’extrême droite du champ politique israélien »

« Avigdor Lieberman, c’est l’extrême droite nationaliste israélienne », résume Julian Salingue, chercheur à l’université Paris VIII, interrogé par RFI. « C’est quelqu’un qui, entre autres, expliquait qu’il fallait envoyer des bombes nucléaires sur Gaza, qu’il fallait bombarder le barrage d’Assouan pour inonder l’Egypte, qui proposait de noyer les prisonniers politiques palestiniens dans la Mer morte », rappelle-t-il.

Pour le chercheur français, Avigdor Lieberman « ne veut même pas entendre parler de négociation avec les Palestiniens ». Mais « en réalité, cela ne va pas bouleverser fondamentalement les équilibres », juge le chercheur, qui évoque « une logique plus générale d’un glissement vers l’extrême droite du champ politique israélien » qu'Avigdor Lieberman « incarne ».

Julien Salingue, a notamment co-dirigé avec Céline Lebrun la rédaction de Israël, un Etat d'apartheid ? Enjeux juridiques et politiques, paru aux éditions L'Harmattan en 2013.

Tag(s) : #proche-moyen-extreme orient

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