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Au Brésil, les syndicats appellent aujourd'hui à une grève générale. C'est une journée test pour la présidente Dilma Roussef, et pour le mouvement social commencé il y a un mois. Ici comme dans d'autres pays émergents, la contestation a été déclenchée par la colère de la classe moyenne.

Cette révolte est a priori étonnante sur le plan économique. Qui dit classe moyenne, dit enrichissement des ménages, amélioration des conditions de vie, et donc promesse de bonheur et de paix sociale. Quelle mouche a donc piqué les premiers bénéficiaires de la croissance brésilienne ? D'abord, sachons que quand on parle de l'explosion de la classe moyenne dans les pays émergents, et au Brésil au particulier, on parle de ménages tout juste sortis de la survie.

D'après la première étude marquante sur le sujet publiée en 2008 la banque Goldman Sachs, le revenu annuel de ces néo bourgeois est compris entre 6000 et 30 000 dollars. Des chiffres qui recouvrent des réalités très variables d'un pays à l'autre. Le comportement de ces ménages à revenus intermédiaires est sans doute bien plus parlant. Ce sont tous ceux qui peuvent consacrer une partie de leur pouvoir d'achat à des dépenses non essentielles comme l'éducation.

Ce sont des nouveaux foyers fiscaux
 
9 millions de plus depuis 2003 au Brésil. Ces nouveaux contribuables sont de plus en plus sensibles à l'usage de l'argent public. Surtout quand la croissance ralentit. Ces moments-là sont particulièrement pénibles pour cette catégorie de population, pas assez riches pour maintenir son niveau de vie, mais plus aussi pauvre pour bénéficier d'une aide sociale. C'est dans ce no man's land de la redistribution que se fomentent les révoltes.

Au Brésil la hausse du ticket de bus a enflammé cette minorité agissante, au Chili il y a quelques mois c'est la hausse des droits d'entrée à l'université qui a provoqué la colère de cette classe moyenne. D'après Francis Fukuyama, les printemps arabes sont une conséquence directe de l'insatisfaction de ces nouvelles classes moyennes. Des groupes qui n'ont rien à voir avec la bourgeoisie régnante, mais qui espérait cueillir les fruits de la croissance. Or ni Ben Ali en Tunisie ni de Moubarak en Égypte n'ont été capables de fournir du travail aux enfants de cette nouvelle classe éduquée.

Après le printemps arabe place à l’été des classes moyennes
 
C'est la thèse de plusieurs essayistes américains. Avec le ralentissement de la croissance prévue dans les pays émergents, les pouvoirs de ces pays risquent de se heurter à la fronde de ces classes moyennes. La cohésion sociale est bousculée par les mutations économiques en cours a prévenu un expert de l'Ocde dès 2011.

Les tensions sociales s'expliquent par le décalage entre une croissance rapide de l'économie et une évolution trop lente des institutions et des instruments de redistribution de ces pays en mutation. La Chine où l'ultra croissance appartient désormais au passé est sans doute un des pays qui a le plus à craindre de la réaction de ces nouvelles classes moyennes. À l'est c'est l'automne qui promet d'être chaud.

En bref dans l'actualité économique :


En France les plus grandes fortunes ont vu leurs richesses s'accroitre de 25% en 2012

C'est ce que révèle le classement du magazine Challenge. Voilà qui pourrait bien alimenter le ressentiment des revenus intermédiaires. en dix ans le revenu total des 500 français les plus riches a quadruplé tandis que le PIB lui a seulement doublé.

D'après la FAO, la production céréalière atteint un nouveau sommet cette année

Les récoltes de blé, riz et maïs devraient s'établir à 2 milliards 479 millions de tonnes en 2013. 7% de plus que l'année dernière. Mais cela ne suffit toujours pas à satisfaire la demande mondiale. Ce n'est pas une question de volumes mais de financement et de moyens de transport adéquat pour acheminer la nourriture vers ceux qui en ont besoin.

Tag(s) : #Pays émergents

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